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Nouvelles: Nationales & Internationales

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Sensibiliser les travailleurs de la santé à l’homosexualité chez les aînés

Wednesday August 10th, 2011
La Fondation Émergence a lancé la Charte de la bientraitance envers les personnes aînées homosexuelles Cette charte vise les aînés qui sont confrontés à l’homosexualité, mais surtout les travailleurs de la santé qui les côtoient

JENNIFER GUTHRIE
Publié: 09 août 2011 15:07
Mis à jour: 09 août 2011 20:30

Elles ont connu l’époque où l’homosexualité était vue comme une maladie. Ayant aujourd’hui atteint l’âge de la sagesse, les personnes aînées lesbiennes, gaies, bisexuelles ou transgenres (LGBT) sont souvent confrontées aux regards, questions et moqueries de leurs pairs.

Soucieuse d’assurer aux aînés de minorités sexuelles un traitement égalitaire exempt de manifestation homophobe, la Fondation Émergence a lancé, mardi, la Charte de la bientraitance envers les personnes aînées homosexuelles.

Cette Charte, qui s’adresse principalement aux intervenants qui œuvrent auprès des personnes âgées, vise non seulement à éliminer la discrimination basée sur l’orientation sexuelle, mais aussi à sensibiliser les travailleurs du réseau de la santé aux réalités des aînés LGBT.

«Les personnes LGBT n’ont pas les mêmes expériences de vie, a rappelé le président de la Fondation Émergence, Laurent McCutcheon. Elles sont souvent plus isolées, n’ont pas d’enfant, leur famille est souvent faite de leurs amis les plus proches et des choses simples comme mettre la photo de leur conjoint [de même sexe] sur leur table de chevet peut les forcer à répondre à de nombreuses questions. Une première génération de personnes ouvertement homosexuelles arrive au troisième âge et elle ne souhaite pas retourner dans le placard.»

La résidence montréalaise Nouvelles Avenues est devenue, mardi, la première adhérente à la Charte, qui sera également proposée à l’ensemble des Tables de concertation des aînés, aux membres de la Fédération de l’âge d’or du Québec (FADOQ) et aux membres de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ).

«En ce moment, nous n’avons pas de résidents ouvertement homosexuels, a indiqué la directrice générale de la résidence Nouvelles Avenues, Carole Lafrance. Mais nous avons sur notre liste d’attente un couple formé de deux dames. Heureusement, nous avons pu constater qu’il existe, au sein de nos résidents, une belle ouverture par rapport aux personnes homosexuelles.»

Environ 10% des aînés du Québec seraient LGBT, selon les données de la Fondation Émergence. La Fondation a obtenu un financement de 400 000$ de la part du ministère de la Famille et des Aînés pour mettre sur pied son programme Pour que vieillir soit gai, duquel la Charte est tirée.

Cameroun: violente agression d'un couple présumé gay

Monday June 13th, 2011
Le 14 mai, Christian et Yannick buvaient un verre dans un bar gay-friendly du Manguier, un quartier de Yaoundé, la capitale politique camerounaise. Vers 23h, ils ont été attaqués par «un gang de quatre jeunes personnes» homophobes, dont le cousin de Yannick.

Trois associations camerounaises (Sid’Ado, l'Adefho et le Cofendho), qui ont interrogé Christian et l’un des propriétaires du bar, expliquent que Yannick a été victime d’une «bastonnade d’une rare violence», et qu’il a eu «plusieurs côtes brisées, des blessures graves et a failli perdre un œil».

Gourdins et machettes
«Quant à Christian, qui a essayé de se défendre et de défendre son ami, ils lui ont infligé le même traitement, poursuivent les associations. Les agresseurs, accompagnés d’autres personnes qui sont arrivés du fait de l’altercation, l’ont traîné dans le quartier avec l’intention ferme de le brûler vif. Parce que pour eux, il était et évident que Yannick était devenu homosexuel à cause de lui.» Et le communiqué inter-associatif de préciser que Christian a été sauvé in extremis, pendant qu’au bar les autres clients étaient pris à partie par des individus «armés de gourdins et machettes».

Sid’Ado, l’Adefho et Cofendho dénoncent des «scènes de barbaries d’une violence inouïe» et les «condamnent avec la plus vive énergie et avec ferme détermination».

Le Québec annonce un plan sans précédent contre l'homophobie

Friday May 27th, 2011

Le gouvernement québécois a dévoilé il y a quelques jours les mesures contenues dans son Plan de lutte pour combattre l'homophobie dans la province canadienne. Le détail de ce dispositif presque unique au monde.

Le Québec est en passe de ressembler au village d'Astérix. Alors que le Canada a dernièrement opéré un virage néfaste pour les gays et les lesbiennes en donnant la majorité absolue au parti ultraconservateur et réactionnaire de Stephen Harper, le gouvernement de la province francophone vient pour sa part de révéler un plan de lutte contre l'homophobie, sur cinq ans (2011-2016), pour lequel 7,1 millions de dollars canadiens (plus de cinq millions d'euros) ont été débloqués.

Il s'agit d'une initiative unique, dans le pays bien sûr mais aussi ailleurs en Amérique du Nord, voire dans le reste du monde. Le ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier (ci-dessus), qui a détaillé son projet le 20 mai dans un centre culturel du quartier homo de Montréal, a ainsi affirmé que seul le Brésil pouvait se targuer d'avoir conçu un tel plan (entre temps, la présidente brésilienne Dilma Rousseff a d'ailleurs fait un pas en arrière lire notre article)

Mieux comprendre la détresse des jeunes
Quatre «mesures phares» figurent au menu de celui-ci, à commencer par l'augmentation de l'aide allouée aux associations LGBT de la province. La plus grande partie de l'enveloppe accordée par le gouvernement concerne cet objectif. 3,6 millions de dollars canadiens sur cinq ans sont ainsi destinées à «bonifier le[s] actions actuelles et [...] réaliser des projets d'information et de sensibilisation ». 200.000 dollars seront ajoutés à cette somme, pour des projets spécifiques, afin, notamment, d'approfondir les connaissances sur les besoins de la communauté.

Le Plan prévoit par ailleurs la mise en place d'une chaire de recherche sur l'homophobie, en partenariat avec l'Université du Québec à Montréal (UQAM), une «première du genre dans le monde anglophone et une deuxième en Amérique du Nord après Harvard», a tenu à préciser le ministre.

475.000 dollars canadiens seront alloués pour des travaux permettant davantage de connaissance sur la problématique du suicide chez les jeunes GLBT et sur les meilleures méthodes pour combattre ce fléau. Ce projet devrait être dirigé par la chercheuse Line Chamberland, connue au Québec pour ses travaux de référence sur l'homophobie en milieu scolaire.

Des campagnes de pub en 2012 et 2014
Deux campagnes de sensibilisation verront également le jour en 2012 et 2014 dans toute la province. Enfin, un Bureau de lutte contre l'homophobie sera mis sur pied dans les prochains mois, afin d'assurer une bonne coordination entre les différents acteurs (notamment les onze ministères concernés).

Après son discours tenu devant la communauté LGBT, le ministre a été ovationné par la salle, preuve que les associations gays et lesbiennes (qui ont été à de très nombreuses reprises consultées par le gouvernement) approuvent cette initiative longtemps attendue. Laurent McCutcheon, fondateur de Gai Écoute, organisme qui vient en aide aux personnes (notamment les jeunes) dans la détresse, a salué ce plan qui est «le fruit d'une très longue démarche» après des années de lutte.

Au Cameroun, les homos ne se cachent plus

Friday May 20th, 2011

Malgré la chasse aux sorcières, les homosexuels camerounais profitent de la journée internationale de lutte contre l'homophobie, ce 17 mai, pour parler à visage découvert.


Le 27 avril 2011, le jeune Clotaire N. est sévèrement battu par sa mère et ses sœurs et chassé de la maison familiale dans un quartier populaire de Douala, la métropole économique du Cameroun. Il appelle au secours Alternatives Cameroun, une association de défense des droits de l'homme. Il demande au célèbre styliste Parfait Behen, le président de l’association, de supplier sa mère de le reprendre.

«J’ai eu la maman au téléphone et j’ai été scandalisé par les propos qu’elle a tenus à l’égard de son propre enfant. Elle a dit qu’elle n’en voulait plus, qu’il pouvait aller au diable et qu’il n’avait plus de place dans sa maison. Cet enfant est en grande détresse, il souffre énormément», confirme Parfait Behen.

Des histoires comme celles-là, il y en a beaucoup à Douala, à Yaoundé et dans  bien d‘autres villes du Cameroun. Celles de jeunes gens que les familles renient parce qu’elles soupçonnent l’homosexualité de leur fils ou de leur fille, parce qu’elles l’ont appris à la suite de quelque «outing».

Un quotidien difficile

Philippe Njaboue, homosexuel lui aussi, a la trentaine. Il est en froid avec son grand frère:

«Quand il a su, il a arrêté toute relation avec moi, m’a interdit de voir ses enfants que, croyait-il, je pouvais contaminer et m’a traité d’ambassadeur du diable.»

Philippe est l'un des rares kwandengue, comme les homos se désignent eux-mêmes au Cameroun, qui «assument, s’affichent et revendiquent». Une vraie exception!

Candas Fenty, un autre jeune homosexuel, lui, ne s’affiche pas:

«Les gens me regardent comme quelqu’un d’étrange. Dans mon quartier, les gens se figent ou arrêtent leurs conversations quand je viens à passer. On dévisage les gens qui me fréquentent. Je suis moi-même obligé de faire attention en sortant de chez moi. Je le vis comme une pression psychologique.»

Mais les choses sont souvent bien pires. Les depso, comme la plupart des gens nomment méchamment les homos dans les grandes villes camerounaises, peuvent être moins bien traités que des «chiens». Insultés, menacés et violentés, ils sont traqués jusque sur leur lieu de travail, comme Aïcha A. qui a vu sa vie basculer quand sa famille a appris qu'elle était lesbienne.

Passons sur les rackets et les dénonciations qui finissent au commissariat ou dans les prisons. Le 28 avril 2011 Roger Jean-Claude Mbede a été condamné à 36 mois de prison ferme par le tribunal de première instance de Yaoundé. Selon l’article 347bis du Code pénal, «est puni d’un emprisonnement de six mois à cinq ans et d’une amende de 20.000 à 200.000 francs CFA [de 31 à 305 euros] toute personne qui a des rapports sexuels avec une personne de son sexe.»

Cette disposition est une véritable épée de Damoclès qui pèse sur les homosexuels et qui conforte l’homophobie ambiante. C’est ce que croit Stéphane Koche de l’Association de défense des homosexuels (Adefho):

«L’abrogation de ce 347bis aiderait à déconstruire la perception que les Camerounais se font de l’homosexualité.»

On n’en est certainement pas là. Car d'après une étude réalisée par cette association, près de 200 personnes sont, chaque année, inquiétées et même traînées devant les tribunaux pour inversion.

A l'origine, l'homélie d'un évêque

Depuis quelques années, la question de l’homosexualité et de l’homophobie qu’elle charrie a surgi sur la place publique au Cameroun. Une homélie de l’archevêque de Yaoundé, fin 2005; l’affaire des listes de personnalités présumées homosexuelles, début 2006; et, en janvier 2011, un projet en faveur des homosexuels dont le gouvernement a dénoncé le financement par l’Union européenne. A chaque fois, ces affaires qui défraient la chronique laissent libre cours à une vague de réactions antihomosexuelles dans un pays où, au nom des traditions, de la religion, de la culture, l’homosexualité est une abomination.

Stéphane Koche s'emporte, revenant sur les origines de la montée en puissance de l'homophobie dans son pays:

«C'est l’homélie de Monseigneur Tonye Bakot, l'archevêque de Yaoundé qui a, pour ainsi dire, tout déclenché. Il disait que nous étions un pays où les hommes devaient baisser leur culotte pour avoir un poste, pour entrer dans une grande école; bref, il disait que c’était un moyen pour l’ascension sociale. Il aurait dû dire aussi que les promotions canapé n’ont pas commencé avec les hommes. Elles ont commencé et continuent avec les femmes et personne ne s’en plaint.

A l’époque, j’étais étudiant à l’université de Douala et je peux vous dire que ce discours avait foutu une trouille extraordinaire aux étudiants. Tous ceux qui aspiraient à devenir ci ou ça imaginaient qu’il leur faudrait passer par là. Et ça a cristallisé la haine de l’homosexualité et des homosexuels non pas seulement à l’université, mais aussi dans la société camerounaise.»

Dans cette société camerounaise où les ancrages traditionnels et les croyances religieuses sont très forts l’homosexualité reste assimilée à une importation des blancs ou, pire, à un moyen pour justement affaiblir les sociétés africaines. De la sorcellerie ou des pratiques sectaires. Fermez les bans!

Amalgames et avancées

Militante des droits de l’homme et directrice exécutive du Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (Redhac), Maximilienne Ngo Mbe tempère:

«Le problème, c’est que tous ces gens qui tirent sur les homosexuels ne disent pas la vérité. Il existe une homosexualité naturelle, ordinaire, qui n’a rien à voir avec ces pratiques sectaires et qui ne se montre même pas. La vérité, c’est qu'il y a des sectes qui utilisent et instrumentalisent la jeunesse qui veut un emploi, qui veut faire sa vie et qui rêve.»

De quoi faire dire au sociologue Charles Gueboguo, dans une récente interview au quotidien Libération, que «les homosexuels sont des boucs émissaires», bien souvent obligés de dissimuler leurs tendances sous la couverture de mariages de convenance et la double vie qui va avec. Mais à en croire un bon nombre de défenseurs de leurs droits, les choses changent progressivement pour les homos. Pour Yves Yomb, défenseur des droits des minorités sexuelles:

«Le gouvernement a pris la mesure de la problématique du sida chez les homosexuels, l’a intégrée dans sa stratégie de lutte contre la maladie et nous y encourage. Il a traîné les pieds et même si le personnel de santé continue de discriminer les patients sur la base de leur homosexualité, je pense que ça avance.»

Parfait Behen le président d'Alternatives Cameroun se réjouit des avancées de l'église catholique sur le sujet:

«Même le Vatican a évolué sur ces questions en demandant que l’on ne condamne plus les gens pour homosexualité. C’est curieux que personne n’en parle. C’est pourtant vrai.»

Maître Alice Nkom, celle qui s'est fait connaître comme l'avocate des homosexuels au Cameroun, ne démord pas:  

«Depuis que nous débattons de ce problème, des gens nous écoutent. Beaucoup d’entre eux se sentent interpellés par ce que nous disons parce que nous leur apportons des éléments de fait et de droit. Des éléments qui les amènent à nous dire: "je ne suis pas d’accord avec ce que tu fais, mais je ne vois pas pourquoi on les mettrait en prison. Je ne suis pas d’accord avec eux et ça ne me regarde pas". A la limite, c’est tout ce qu’on leur demande.

Comme ils font respecter leur droit à la vie privée, qu’ils respectent celle des autres. Pour moi, les choses évoluent dans le bon sens. Seulement, actuellement, le ministère de la Justice est en train de préparer la réforme du code pénal. Et quand on lit ce qu’il prépare, on voit qu’il maintient l’homosexualité comme infraction.

Et ça pourrait arriver dans la mesure où au ministère de la Justice, nous avons quelqu’un qui est prisonnier de ses propres convictions, de sa propre conception qu’il tire peut-être de sa religion et de sa coutume et qui peut, de sa position, influencer tout le Cameroun dans l’élaboration du nouveau code.»

Stéphane Tchakam

Pour en savoir plus sur la journée internationale contre l'homophobie, visitez homophobie.org

Russie: La première gay pride autorisée par les autorités moscovites

Tuesday April 26th, 2011
Par Alexis Puzyrev mardi 26 avril 2011, à 16h32

Selon les militants LGBT russes, la Mairie de Moscou aurait donné son accord à l'organisation d'une gay pride le 28 mai. Une décision qui n'est pas encore confirmée par la Mairie, mais déjà les organisateurs ne boudent pas leur plaisir.

Il devrait s'agir de la sixième «gay pride» à Moscou, mais surtout de la première avalisée par les autorités russes. Après deux condamnations, en première instance puis en appel, devant la Cour européenne des droits de l'homme, il semblerait que la mairie de la capitale russe ait enfin accepté de se confirmer à ses obligations européennes.

Selon son site gayrussia.ru, Nikolaï Alekseev, l'organisateur russe, aurait en effet reçu aujourd'hui une réponse positive de la maire-adjointe de Moscou, Lioubov Chvetsova, à sa demande d'autorisation pour un rassemblement de 500 personnes le 28 mai, qu'il avait déposée le 12 avril dernier.

A deux pas du Kremlin
Baptisée «Gay pride de Moscou: l'homosexualité dans l'histoire de la culture mondiale et de la civilisation», la manifestation se déroulera entre 13 et 15 heures sur la place Bolotnaïa, au centre de Moscou, à deux pas du Kremlin et de la Place Rouge. «Mais à l'écart des principales artères de la ville» précise le militant.

Pendant la parade, les manifestants pourront s'informer sur l'histoire de l'homosexualité avec la contribution de personnalités de la culture et de la science. Le rassemblement sera accompagné d'airs du compositeur russe Piotr Tchaïkovski, mais aussi d'Elton John.

Sécurité des participants
Pour l'heure, le service de presse de la mairie de Moscou, sollicité par l'AFP, se refuse toujours à confirmer cette information… Mais les LGBT russes se réjouissent déjà. «Nous félicitons la décision historique des autorités de la capitale d'avoir autorisé la parade, a déclaré Nikolaï Alekseev. Maintenant, les autorités doivent assurer que la sécurité des participants de l'événement soit conforme à la décision de la Cour Européenne.»

Par ailleurs, la mairie de Saint-Pétersbourg a quant à elle déjà autorisé un rassemblement de militants homosexuels le 1er mai prochain.

Côte à côte pour plus de tolérance

Friday April 8th, 2011
8 avril, 2011
Caroline Doriol, La Russie d'Aujourd'hui


Depuis 2007, le Festival de films Side by Side de St Pétersbourg se propose de traiter des difficultés rencontrées par la communauté Lesbienne, Gay, Bisexuelle et Transsexuelle (LGBT). Ouvrir un espace public de discussion autour du thème, sensibiliser et éduquer la société sur les discriminations dont sont victimes les minorités sexuelles et combattre l’intolérance : voilà les objectifs poursuivis par le staff du festival. Alors que l’édition 2011 vient de s’achever à St Pétersbourg, sa fondatrice, Manny de Guerre, revient sur ces quatre années de succès arrachées à force de persévérance et les projets à venir

Pourquoi avez-vous décidé d'organiser ce festival à St-Pétersbourg plutôt qu'à Moscou ?



Nous sommes basés à St Pétersbourg, aussi il était logique de travailler là, dans un premier temps.


Beaucoup de personnes croient que St Pétersbourg est une ville plus libérale, au niveau des mentalités notamment, et qu'il est plus facile d'y organiser certains projets qu'à Moscou. Il y a certainement une part de vérité là-dedans, mais l'administration de St Pétersbourg aussi a réagi négativement face à notre festival. En particulier en 2008 en fermant les deux salles de projection sous prétexte d'irrégularités dans les mesures anti-incendie. Malgré tous ces obstacles, nous avons continué de manière à ne pas laisser les voix de l'intolérance et de l'injustice prendre le pas. Cette année, le festival de film LGBT Side by Side a eu lieu dans des conditions beaucoup plus libres et ouvertes. Un pas significatif et la preuve que la persévérance est finalement récompensée.



Pensez-vous à organiser une édition dans la capitale ?


Nous avons eu de nombreuses demandes pour amener le festival à Moscou. Nous considérons sérieusement cette option et prévoyons que, dans un futur proche, le festival y soit organisé également.



Quand de grands cinémas, comme le Rodina cette année, vous ferment la porte au nez, prenez-vous cela comme une défaite ?


Le Rodina est un cinéma-théâtre d'Etat, aussi les décisions prises sont celles de ceux avec qui ils travaillent et expliquées par la gêne face à l’homosexualité et l’intolérance des institutions qui le dirigent. Ce n'est pas une défaite pour nous mais la démonstration de la pertinence du problème que nous essayons de combattre. Lorsque le Rodina ouvrira ses portes à notre festival, ce sera une indication majeure que nous avons bien fait notre travail.



Avez-vous déjà eu peur que le festival ne puisse pas avoir lieu du tout ?


Non. Cela ne risque pas d'arriver. Nous sommes toujours parvenus à faire en sorte que les évènements aient lieu. Nous avons fait l'expérience de situations de crises - inattendues ou non. Nous prévoyons des plans de secours et sommes capables de gérer ces difficultés et de passer outre les problèmes d'interruptions des manifestations organisées.



Quel accueil recevez-vous en région ?


Je suis ravie que nos festivals soient populaires et largement réclamés à la fois en région et à St Pétersbourg. En région, le festival a réuni plus de 7 000 personnes. C'est le signe qu’il est utile, et que les gens, à la fois les LGTB et les non-LGTB (25% de notre public s'identifie comme hétérosexuel) veulent discuter et s'informer des problèmes et des droits des minorités sexuelles.



Après vous être battue pour créer et organiser le festival, quelles sont vos victoires et qu'est ce qui vous donne l'envie de continuer?


Le festival Side by Side rencontre un grand succès et nous avons de nombreuses victoires. A travers les projections de films, les débats, les séminaires, les boutiques et les expositions nous avons créé un dialogue positif avec la société et bousculé les stéréotypes concernant la communauté LGBT, en informant et en mettant en lumière les problèmes rencontrés par des personnes liés à leur orientation sexuelle ou leur identité de genre.



Les médias russes ont fait écho positivement du festival. Par exemple, la clôture du troisième festival de St Pétersbourg a été couverte par la chaine nationale "Rossiya" en octobre 2010. Deux reportages ont été faits et diffusés au niveau fédéral, atteignant la Russie entière et une audience potentielle de millions de spectateurs.


Enfin, nos visiteurs continuent de nous rappeler l'utilité et l'importance de notre festival.



Retrouvez l’équipe du festival le 17 avril, à l’occasion de la semaine Allemande organisée à St Pétersbourg par le Consulat Allemand et l’institut Goethe. Une projection de film et une exposition d’affiches de cinéma LGBT y seront organisées, ainsi qu’un débat autour de l’impact de la culture dans la tolérance d’une société. De nombreux invités seront présents dans les différentes manifestations, dont Skadi Loist, chercheur dans l’étude des médias et des festivals cinématographiques. De nombreux évènements sont à venir également à Arkhangelsk, Novossibirsk et Kemerovo en mai.

Décision du Conseil constitutionnel sur le mariage pour les couples de même sexe : l’Inter-LGBT la regrette fortement et demande au gouvernement de légiférer en faveur de l’égalité

Friday January 28th, 2011

Un couple de femmes, désireux de faire reconnaître son union par la célébration d’un mariage, a soulevé une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) le 11 mai 2010 sur le non-accès des couples de même sexe à ce type d’union. La Cour de cassation, par un arrêt en date du 16 novembre 2010, a transmis la question au Palais Royal.

Aujourd’hui, 18 janvier 2011, le Conseil constitutionnel rend sa décision : les articles 75 et 144 du Code civil, qui interdisent le mariage entre personnes de même sexe sont conformes à la Constitution.

L’inter-LGBT ne peut que regretter cette décision. L’interdiction du mariage entre personnes de même sexe reste, quoi qu’en disent les Sages, contraire au principe d’égalité entre les couples et revient à inférioser, de fait, les personnes homosexuel-le-s. Ainsi, le Conseil constitutionnel se contente de rappeler que le législateur peut déroger au principe d’égalité entre les citoyens pour des motifs d’intérêt général. La définition du droit à « mener une vie familiale normale » ne serait-elle pas la même entre un couple hétérosexuel et un couple de même sexe ?

La société est prête, la balle est dans le camp du législateur : mais que fait la majorité politique actuelle ?

Le sondage TNS-Sofres pour Canal+ rendu public ce matin réaffirme encore une fois que les français sont majoritairement favorables (à 58%) à l’ouverture du mariage aux couples de même sexe. Si la décision des Sages n’a rien de surprenante, eu égard aux déclarations de Jean-Louis Debré la semaine dernière sur le fait que « ce n’est pas au Conseil constitutionnel, au juge de se substituer au législateur » sur « des choix de société » de cette nature, le fait même que cette question soit portée devant les Sages prouve une fois de plus l’inadéquation de notre législation vis-à-vis du quotidien des français et l’incapacité de la majorité politique actuelle à répondre aux attentes des personnes LGBT en France.

La France, bien qu’en avance sur le terrain de la reconnaissance des droits des personnes LGBT en 1999 avec l’instauration du Pacs, accuse aujourd’hui un retard regrettable sur ses voisins européens qui sont de plus en plus nombreux à remédier à une inégalité de droits inacceptable dans une République telle que la nôtre qui n’admet ni le mariage entre personnes de même sexe en France ni la reconnaissance de tels mariages conclus entre deux français-e-s à l’étranger, ne serait-ce que comme un Pacs. L’Inter-LGBT ne manquera pas de continuer à lutter quotidiennement pour l’égalité de tous les couples et entend que le législateur prenne dès à présent ses responsabilités en la matière.

Des intervenants mieux informés sur la communauté gaie

Friday January 21st, 2011

David Caron / L'Étoile

Même en 2011, l'homosexualité n'est pas toujours comprise et acceptée par tous et malheureusement, les jeunes LGBT (lesbiennes, gais, bisexuelles et transgenres) ne sont pas toujours à l'aise lorsqu'il est question de dénoncer la discrimination faite à leur égard. Afin de renverser cette tendance dans le Grand Moncton, l'organisme «Égale Canada» a récemment offert une formation aux policiers et aux agents communautaires de la région.

Julie Pereira et Caroline Desbiens, de la Maison des jeunes de Dieppe ont participé à la formation offerte par l'organisme Égale Canada.C'était la première fois qu'on présentait la formation «Report Homophobic Violence, Period» en Atlantique. Offerte en partenariat avec la Police de Toronto, Fierté Moncton et divers organismes communautaires, cette formation s'adresse surtout aux jeunes LGBT de 13 à 25 ans. L'objectif de la journée était d'encourager ceux-ci à rapporter des incidents de violence homophobe à la police et conséquemment, d'outiller les policiers et les agents communautaires afin qu'ils puissent mieux répondre aux besoins de ces adolescents en pleine quête de leur identité.

Julie Pereira et Caroline Desbiens, de la Maison des jeunes de Dieppe ont participé à la formation offerte par l'organisme Égale Canada.

Selon Paul LeBlanc, président de la Rivière de fierté (Fierté Moncton), malgré les progrès, ces adolescents restent toujours victimes de certains préjugés dans les écoles. «Je crois que ces préjugés sont probablement acquis à la maison et tant qu'il n'y aura pas une tolérance complète, ça va se poursuivre. Les enfants viennent au monde sans idées préconçues, donc, s'ils arrivent à l'école avec ces idées, c'est qu'ils les ont apprises quelque part. Donc, la formation était pour aider les jeunes, mais aussi ceux qui sont plutôt intolérants. Étant si jeunes, parfois ils ne savent même pas que certains mots peuvent être très blessants », explique Paul LeBlanc.

À titre d'exemple des répercussions, il cite les résultats d'une étude menée dernièrement par Égale Canada. Selon l'enquête, deux tiers des intervenants affirmaient ne pas se sentir en sécurité à l'école. Plus de la moitié ont dit être victimes de harcèlement verbal. 25 % ont soutenu avoir été harcelés physiquement et la moitié avait été harcelée sexuellement.

Bien qu'il s'attende à ce qu'il y ait un suivi avec la GRC Codiac, Paul LeBlanc explique que certaines suggestions ont été proposées afin de faciliter le contact entre les jeunes et les différents intervenants communautaires. «Beaucoup de jeunes ne sont pas à l'aise de faire leur «coming-out» (sortie du garde-robe) avec leurs parents. Donc, les professeurs à l'école ou qui que ce soit, pourraient porter une épinglette ou mettre un autocollant qui indique que le jeune peut s'identifier avec cet adulte. Lorsqu'ils gardent tous leurs sentiments à l'intérieur, il y a un effet boule de neige. Ils ont plus de risques de décrocher de l'école, le taux de suicide est élevé aussi. Il faut créer un environnement accommodant», mentionne Paul LeBlanc.

Julie Pereira et Caroline Desbiens, de la Maison des jeunes de Dieppe, étaient parmi quelques-uns des invités issus de la communauté. Puisque leur travail l'exige, il s'agissait pour elles d'une occasion de mieux comprendre les besoins des jeunes gais et lesbiennes. Déjà, la Maison des jeunes leur offre des programmes et des conseils (dont l'Alliance gaie-hétéro) s'ils le désirent. Toutefois, la journée de formation a permis aux deux représentantes de la Maison des jeunes de s'informer davantage.

«L'important est que nous soyons plus ouverts dans la société et qu'on soit éduqué sur ces questions. L'éducation devrait commencer à un âge plus jeune. Ils ont parlé du taux de violence homophobe et du fait qu'ils sont plus à risque de crimes haineux», souligne Julie Pereira.

Au printemps dernier, elle avait assisté à une autre formation du genre. C'est à ce moment qu'elle avait appris qu'il n'existait qu'une seule «Alliance gaie-hétéro» dans le Grand-Moncton, à l'école Riverview High. Julie Pereira a donc par la suite collaboré à la création d'une telle alliance à Dieppe. Ce qu'elle veut surtout éviter, c'est qu'un jeune homosexuel soit obligé de rentrer illégalement dans des bars gais afin de se sentir accepté.

«Ici, c'est un endroit où ils peuvent se sentir à l'aise. Même à l'école, deux gars ne peuvent pas s'embrasser sans être mal vus. On veut leur donner un espace où il n'y a pas de préjugés», dit-elle.

 

Des policiers du Grand Moncton sensibilisés à la violence contre les gais

Tuesday January 18th, 2011

Le président de l'organisme Rivière de fierté, Paul H. LeBlanc.L’Acadie NOUVELLE mercredi 12 janvier 2011     
Mathieu Roy-Comeau

MONCTON - Une initiative ontarienne pourrait aider le Grand Moncton à faire un nouveau pas vers la prévention de la violence faite aux homosexuels, une réalité bien présente au Nouveau-Brunswick.

Des policiers du Service régional de Codiac de la GRC et plusieurs membres de la communauté homosexuelle du Grand Moncton ont été initiés, hier, au programme Report Homophobic Violence, Period (RHVP).

Créé par le Service de police de Toronto et l'organisme Égale Canada, le RHVP vise à sensibiliser les jeunes de 13 à 25 ans à la violence dont sont souvent victimes les gais, les lesbiennes, les bisexuels et les transgenres (GLBT) et à les encourager à dénoncer ces actes aux autorités policières.

Le programme sert aussi à mieux former les policiers à recevoir ce genre de plaintes afin qu'il soit plus facile pour les victimes de se confier.

«Pour des personnes qui sont dans une minorité qui est très souvent la cible de violence et de moqueries et toutes sortes d'autres abus, c'est difficile de s'ouvrir, a souligné le gendarme Damien Thériault, policier communautaire au Service régional de Codiac. Puis si tu fais face à quelqu'un et que tu n'es pas certain comment il va te recevoir, c'est difficile pour eux autres. Très souvent, ils ne sont même pas ouverts à leurs amis, encore moins à leurs familles.»

Selon les chiffres du RHVP, la plupart des cas de violence homophobe ne seraient jamais rapportés, ce que confirme l'expérience du président de l'organisme Rivière de fierté, Paul H. LeBlanc.

«Souvent, comme représentant de la communauté (gaie), les gens m'appellent pour me dire qu'il y a eu un gay bashing, mais si ça n'a pas été rapporté, comment tu veux qu'on réagisse? C'est parce que les gens ne sont pas confortables, pour une raison ou pour une autre, de se présenter à la police», a-t-il estimé.

L'initiative développée en partenariat avec plusieurs organismes communautaires de la région de Toronto a aussi pour objet la sensibilisation dans les écoles.

Encore là, la violence homophobe est bien présente et il peut être difficile pour celui ou celle qui en est la victime de se confier à un enseignement ou à un directeur.

En vue de faciliter la tâche aux victimes, le programme ontarien propose d'identifier d'un signe particulier les enseignants et les policiers qui ont suivi la formation du RHVP.

Il s'agirait d'un signe pour dire «écoute, moi les différences, ça ne me dérange pas», a expliqué le gendarme Thériault.

En ce qui le concerne, le président de la Rivière de fierté est convaincu qu'une telle initiative aurait des retombées positives.

«S’ils savent qu'à l'école même ils peuvent aller se confier à un professeur qui est connu comme gayfriendly ou à un policier qui a un drapeau arc-en-ciel à son bureau, ils vont y aller», a assuré Paul H. Leblanc.

Les membres du Service régional Codiac doivent maintenant transmettre à leurs supérieurs les informations qu'ils ont reçues hier afin de voir si le programme pourrait être adopté par la GRC du Grand Moncton.

Un message d'encouragement et d'espoir pour les jeunes

Wednesday December 15th, 2010

La vidéo de six minutes est produite par des membres de l'équipe en réponse à une situation où, récemment, plusieurs élèves gais ont été intimidés à l'école et ont ensuite mis fin à leurs jours. La vidéo a été montée dans le cadre du projet It Gets Better Project, un mouvement international visant à montrer aux jeunes LGBTQ que l'avenir est meilleur après l'école secondaire. Plus de 5 000 célébrités, politiciens, activistes et organisations ont affiché des vidéos de soutien sur itgetsbetter.org, un site web populaire qui a été visionné plus de 15 millions de fois.
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