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Nouvelles du Monde |
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Cameroun: violente agression d'un couple présumé gayMonday June 13th, 2011
Le 14 mai, Christian et Yannick buvaient un verre dans un bar
gay-friendly du Manguier, un quartier de Yaoundé, la capitale politique
camerounaise. Vers 23h, ils ont été attaqués par «un gang de quatre
jeunes personnes» homophobes, dont le cousin de Yannick.
Trois associations camerounaises (Sid’Ado, l'Adefho et le Cofendho), qui ont interrogé Christian et l’un des propriétaires du bar, expliquent que Yannick a été victime d’une «bastonnade d’une rare violence», et qu’il a eu «plusieurs côtes brisées, des blessures graves et a failli perdre un œil». Gourdins et machettes Sid’Ado, l’Adefho et Cofendho dénoncent des «scènes de barbaries d’une violence inouïe» et les «condamnent avec la plus vive énergie et avec ferme détermination». Au Cameroun, les homos ne se cachent plusFriday May 20th, 2011
Malgré la chasse aux sorcières, les homosexuels camerounais profitent de la journée internationale de lutte contre l'homophobie, ce 17 mai, pour parler à visage découvert.Le 27 avril 2011, le jeune Clotaire N. est sévèrement battu par sa mère et ses sœurs et chassé de la maison familiale dans un quartier populaire de Douala, la métropole économique du Cameroun. Il appelle au secours Alternatives Cameroun, une association de défense des droits de l'homme. Il demande au célèbre styliste Parfait Behen, le président de l’association, de supplier sa mère de le reprendre.
Des histoires comme celles-là, il y en a beaucoup à Douala, à Yaoundé et dans bien d‘autres villes du Cameroun. Celles de jeunes gens que les familles renient parce qu’elles soupçonnent l’homosexualité de leur fils ou de leur fille, parce qu’elles l’ont appris à la suite de quelque «outing». Un quotidien difficilePhilippe Njaboue, homosexuel lui aussi, a la trentaine. Il est en froid avec son grand frère:
Philippe est l'un des rares kwandengue, comme les homos se désignent eux-mêmes au Cameroun, qui «assument, s’affichent et revendiquent». Une vraie exception! Candas Fenty, un autre jeune homosexuel, lui, ne s’affiche pas:
Mais les choses sont souvent bien pires. Les depso, comme la plupart des gens nomment méchamment les homos dans les grandes villes camerounaises, peuvent être moins bien traités que des «chiens». Insultés, menacés et violentés, ils sont traqués jusque sur leur lieu de travail, comme Aïcha A. qui a vu sa vie basculer quand sa famille a appris qu'elle était lesbienne. Passons sur les rackets et les dénonciations qui finissent au commissariat ou dans les prisons. Le 28 avril 2011 Roger Jean-Claude Mbede a été condamné à 36 mois de prison ferme par le tribunal de première instance de Yaoundé. Selon l’article 347bis du Code pénal, «est puni d’un emprisonnement de six mois à cinq ans et d’une amende de 20.000 à 200.000 francs CFA [de 31 à 305 euros] toute personne qui a des rapports sexuels avec une personne de son sexe.» Cette disposition est une véritable épée de Damoclès qui pèse sur les homosexuels et qui conforte l’homophobie ambiante. C’est ce que croit Stéphane Koche de l’Association de défense des homosexuels (Adefho):
On n’en est certainement pas là. Car d'après une étude réalisée par cette association, près de 200 personnes sont, chaque année, inquiétées et même traînées devant les tribunaux pour inversion. A l'origine, l'homélie d'un évêqueDepuis quelques années, la question de l’homosexualité et de l’homophobie qu’elle charrie a surgi sur la place publique au Cameroun. Une homélie de l’archevêque de Yaoundé, fin 2005; l’affaire des listes de personnalités présumées homosexuelles, début 2006; et, en janvier 2011, un projet en faveur des homosexuels dont le gouvernement a dénoncé le financement par l’Union européenne. A chaque fois, ces affaires qui défraient la chronique laissent libre cours à une vague de réactions antihomosexuelles dans un pays où, au nom des traditions, de la religion, de la culture, l’homosexualité est une abomination.
Dans cette société camerounaise où les ancrages traditionnels et les croyances religieuses sont très forts l’homosexualité reste assimilée à une importation des blancs ou, pire, à un moyen pour justement affaiblir les sociétés africaines. De la sorcellerie ou des pratiques sectaires. Fermez les bans! Amalgames et avancéesMilitante des droits de l’homme et directrice exécutive du Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (Redhac), Maximilienne Ngo Mbe tempère:
De quoi faire dire au sociologue Charles Gueboguo, dans une récente interview au quotidien Libération, que «les homosexuels sont des boucs émissaires», bien souvent obligés de dissimuler leurs tendances sous la couverture de mariages de convenance et la double vie qui va avec. Mais à en croire un bon nombre de défenseurs de leurs droits, les choses changent progressivement pour les homos. Pour Yves Yomb, défenseur des droits des minorités sexuelles:
Parfait Behen le président d'Alternatives Cameroun se réjouit des avancées de l'église catholique sur le sujet:
Maître Alice Nkom, celle qui s'est fait connaître comme l'avocate des homosexuels au Cameroun, ne démord pas:
Stéphane Tchakam Pour en savoir plus sur la journée internationale contre l'homophobie, visitez homophobie.orgRussie: La première gay pride autorisée par les autorités moscovitesTuesday April 26th, 2011
Par Alexis Puzyrev mardi 26 avril 2011, à 16h32
Selon les militants LGBT russes, la Mairie de Moscou aurait donné son accord à l'organisation d'une gay pride le 28 mai. Une décision qui n'est pas encore confirmée par la Mairie, mais déjà les organisateurs ne boudent pas leur plaisir. Il devrait s'agir de la sixième «gay pride» à Moscou, mais surtout de la première avalisée par les autorités russes. Après deux condamnations, en première instance puis en appel, devant la Cour européenne des droits de l'homme, il semblerait que la mairie de la capitale russe ait enfin accepté de se confirmer à ses obligations européennes. Selon son site gayrussia.ru, Nikolaï Alekseev, l'organisateur russe, aurait en effet reçu aujourd'hui une réponse positive de la maire-adjointe de Moscou, Lioubov Chvetsova, à sa demande d'autorisation pour un rassemblement de 500 personnes le 28 mai, qu'il avait déposée le 12 avril dernier. A deux pas du Kremlin Pendant la parade, les manifestants pourront s'informer sur l'histoire de l'homosexualité avec la contribution de personnalités de la culture et de la science. Le rassemblement sera accompagné d'airs du compositeur russe Piotr Tchaïkovski, mais aussi d'Elton John. Sécurité des participants Par ailleurs, la mairie de Saint-Pétersbourg a quant à elle déjà autorisé un rassemblement de militants homosexuels le 1er mai prochain. Décision du Conseil constitutionnel sur le mariage pour les couples de même sexe : l’Inter-LGBT la regrette fortement et demande au gouvernement de légiférer en faveur de l’égalitéFriday January 28th, 2011
Un couple de femmes, désireux de faire reconnaître son union par la célébration d’un mariage, a soulevé une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) le 11 mai 2010 sur le non-accès des couples de même sexe à ce type d’union. La Cour de cassation, par un arrêt en date du 16 novembre 2010, a transmis la question au Palais Royal. Aujourd’hui, 18 janvier 2011, le Conseil constitutionnel rend sa décision : les articles 75 et 144 du Code civil, qui interdisent le mariage entre personnes de même sexe sont conformes à la Constitution. L’inter-LGBT ne peut que regretter cette décision. L’interdiction du mariage entre personnes de même sexe reste, quoi qu’en disent les Sages, contraire au principe d’égalité entre les couples et revient à inférioser, de fait, les personnes homosexuel-le-s. Ainsi, le Conseil constitutionnel se contente de rappeler que le législateur peut déroger au principe d’égalité entre les citoyens pour des motifs d’intérêt général. La définition du droit à « mener une vie familiale normale » ne serait-elle pas la même entre un couple hétérosexuel et un couple de même sexe ? La société est prête, la balle est dans le camp du législateur : mais que fait la majorité politique actuelle ? Le sondage TNS-Sofres pour Canal+ rendu public ce matin réaffirme encore une fois que les français sont majoritairement favorables (à 58%) à l’ouverture du mariage aux couples de même sexe. Si la décision des Sages n’a rien de surprenante, eu égard aux déclarations de Jean-Louis Debré la semaine dernière sur le fait que « ce n’est pas au Conseil constitutionnel, au juge de se substituer au législateur » sur « des choix de société » de cette nature, le fait même que cette question soit portée devant les Sages prouve une fois de plus l’inadéquation de notre législation vis-à-vis du quotidien des français et l’incapacité de la majorité politique actuelle à répondre aux attentes des personnes LGBT en France. La France, bien qu’en avance sur le terrain de la reconnaissance des droits des personnes LGBT en 1999 avec l’instauration du Pacs, accuse aujourd’hui un retard regrettable sur ses voisins européens qui sont de plus en plus nombreux à remédier à une inégalité de droits inacceptable dans une République telle que la nôtre qui n’admet ni le mariage entre personnes de même sexe en France ni la reconnaissance de tels mariages conclus entre deux français-e-s à l’étranger, ne serait-ce que comme un Pacs. L’Inter-LGBT ne manquera pas de continuer à lutter quotidiennement pour l’égalité de tous les couples et entend que le législateur prenne dès à présent ses responsabilités en la matière. La ville de New York en proie à une recrudescence des attaques anti-gaysWednesday October 13th, 2010
NEW YORK — L'enlèvement présumé suivi de torture de trois New-Yorkais par un gang anti-gay et une série d'autres attaques récentes illustrent une recrudescence des agressions visant les homosexuels dans la grande ville de la côte Est, ont dénoncé lundi des militants. "Nous vivons vraiment une époque horrible aux Etats-Unis", a déploré Steven Goldstein, membre du mouvement de défense des homosexuels Garden State Equality. Ces dernières semaines ont été très difficiles pour la communauté gay de New York, confrontée à une agression présumée au Stonewall Inn, le bar de Manhattan où est né le mouvement de défense des droits homosexuels il y a 40 ans, ainsi qu'au suicide d'un étudiant de l'Université Rutgers qui avait été filmé avec un autre homme. Le dernier acte de violence en date a été perpétré par neuf jeunes du gang des "Latin King Goonies" le 3 octobre, mais n'a pas été rendu public immédiatement. Huit des neuf jeunes ont été arrêtés dimanche et le neuvième est toujours recherché. Lors de cette agression "en meute", selon les termes utilisés par la police de New York, la bande a obligé un jeune de 17 ans à descendre dans le sous-sol d'un appartement désaffecté du quartier du Bronx, l'a déshabillé, battu, puis sodomisé avec le manche d'une ventouse pour W.C. Son crime? Les membres du gang pensaient qu'il était homosexuel, a indiqué la police. Les jeunes, âgés de 17 à 23 ans, ne se sont pas arrêtés là. Selon les forces de l'ordre, ils ont kidnappé un deuxième jeune de 17 ans, après avoir appris qu'il était homosexuel auprès de la première victime. Après l'avoir ligoté et battu, le gang a ensuite attiré un troisième homme de 30 ans, apparemment son amant. Ce dernier a été déshabillé, sodomisé avec une batte de base-ball, obligé à boire de grandes quantités d'alcool et brûlé avec des cigarettes, a rapporté le commissaire de police Raymond Kelly. "C'était une réaction au fait qu'ils (les victimes) aient pris part à des activités homosexuelles", a dit M. Kelly. Pour les défenseurs des droits des homosexuels, ce type de violence n'est que la partie visible de l'iceberg. "Il y a tellement de crimes haineux qui ne sont pas signalés", a ainsi regretté Darlene Nipper, directrice adjointe de la National Gay and Lesbian Task Force, tout en notant qu'aujourd'hui, "ce type de problèmes reçoit beaucoup plus d'attention" qu'auparavant. Rien que la semaine dernière, deux hommes ont été inculpés après une agression dans le célèbre bar de Stonewall, au coeur des premières manifestations pro-homosexuelles en 1969. C'est aussi la semaine dernière que deux étudiants ont été écroués et inculpés de "violation de la vie privée" après le suicide d'un de leurs camarades, Tyler Clementi, 18 ans, qui s'est jeté du haut d'un pont de New York après que ses ébats homosexuels eurent été filmés par une webcam et diffusés en direct sur internet. Le maire de New York Michael Bloomberg s'est dit "dégoûté" par l'agression dans le Bronx. Mais l'homosexualité reste un sujet de division au sein même de la classe politique. Le candidat républicain au poste de gouverneur de l'Etat de New York lors des élections de novembre, Carl Paladino, a fait campagne contre le mariage gay ce week-end et a notamment déclaré que "les jeunes enfants ne devraient pas être exposés à l'homosexualité, en particulier à la gay pride". "Je ne sais pas si vous y êtes déjà allés, mais ils portent ces petits slips et ils se pressent les uns contre les autres, c'est horrible", a-t-il déclaré sur la chaîne NBC. Mobilisation: Nessma, lesbienne libyenne, demande l’asile en FranceMonday September 27th, 2010
Il n’y a pas si longtemps, Nesma (prénom d’emprunt) était étudiante à Tripoli, en Libye. Sa vie a basculé en juillet 2008, lorsque d’autres étudiantes, qu’elle pensait être ses amies, ont commencé à écrire sur elle sur un blog, à parler de son homosexualité, avec des détails sur son domicile, sa famille… Depuis un peu plus de six mois, elle vit à quelques kilomètres de Metz, chez des amis de sa sœur. Elle espère obtenir l’asile en France. Dans une lettre envoyée hier soir, une dizaine d’associations LGBT nationales et locales (Fédération nationale LGBT, LeZ Strasbourgeoises, Trans Aide, La Lune, Le Nouveau Phare, Homos Musulmans de France, Couleurs Gaies, le Centre LGBTI de Strasbourg…) demandent au préfet de Moselle « de bien vouloir faire preuve de bienveillance (…) pour autoriser le dépôt en France de sa demande d’asile ». Parce que Nessma est passée par l’Italie pour entrer en France, le règlement Dublin II voudrait que ce soit ce pays qui statue sur sa demande, mais le préfet peut décider d’y déroger. Nessma « est sous le choc des événements graves qui sont advenus dans sa vie ces derniers mois, souligne la lettre. Sa santé morale a été entamée par son arrestation pour homosexualité, les viols, les pressions familiales et l’expatriation (…) En France, elle est entourée d’un cercle amical qui lui apporte une stabilité matérielle et morale. [Elle] ne retrouvera pas en Italie la sociabilité nécessaire à sa reconstruction psychologique, notamment après le traumatisme qui serait engendré par un deuxième déracinement. (…) Compte tenu des accords internationaux qui lient l’Italie à la Lybie, nous craignons qu’une demande d’asile déposée par [Nessma] ne soit pas instruite en Italie avec toute l’impartialité qui s’impose ». Nessma est convoquée le 24 septembre. De passage à Paris pour rencontrer les responsables de l’Association de reconnaissance des droits des personnes homosexuelles et transsexuelles à l’immigration et au séjour (Ardhis), Nessma a pris le temps de venir à Yagg raconter son histoire. Qui êtes-vous? Je suis Libyenne, j’ai 25 ans, j’ai fait trois ans d’études supérieures en Libye, puis j’ai dû mettre un terme à mes études. Je dois préciser, pour une meilleure compréhension, que je suis d’origine syrienne, mes parents sont venus en Libye il y a 37 ans, pour travailler. Je suis née en Libye. Je suis lesbienne. Pourquoi avez-vous dû arrêter vos études? Parce qu’un groupe de filles – qui étaient mes amies – ont lancé un blog à mon sujet, elles ont fait un scandale autour de mon homosexualité, elle ont pratiquement détruit toute ma vie, tout mon avenir à l’université, dans ma famille, dans toute la société dans laquelle je vivais. Je travaillais à temps partiel en tant qu’interprète anglais/arabe. Pendant un an je n’ai pas pu sortir de chez moi. Ni pour mes études, ni pour travailler. Rien. Les gens venaient chez moi, ils frappaient à la porte, ils demandaient « Où est Nessma? ». On a raconté des choses à ma famille, à mes parents, on a emmené ma sœur au commissariat pour l’interroger, on m’a emmenée, j’ai passé deux jours en prison. C’était il y a deux ans. Il s’est passé tellement de choses, je ne pouvais rien faire. À part rester chez moi à avoir peur de tout le monde, à ne jamais me sentir en sécurité. C’est tout. À un moment, la vie ne peut pas continuer comme ça, ma vie… Voilà. Est-ce que vos parents savaient que vous étiez lesbienne ou l’ont-ils découvert à ce moment-là? Ma sœur, qui est plus âgée que moi, le savait. Pas mes parents. On ne leur a pas dit la vérité, on leur a dit « votre fille est mauvaise, elle fait des choses avec tout le monde », on m’a fait passer – excusez-moi d’utiliser ce mot – pour une traînée. Ils ne savent pas ce qu’est une lesbienne, ils pensent qu’elle va avec les filles et les garçons et tout le monde. À partir de ce moment-là, tout le monde a commencé à vouloir me toucher, à avoir des relations sexuelles avec moi, par la force ou consenties, tout. Ma mère m’a emmenée en Syrie pour m’y marier, j’ai failli épouser un cousin, je me suis enfuie. Struthof Une plaque commémore les déportés pour homosexualitéMonday September 27th, 2010
Hier, en fin de matinée, une plaque honorant les déportés pour homosexualité a été dévoilée sur le Mur du souvenir du camp du Struthof. Elle est l’aboutissement d’un projet que « Les Oublié (e) s de la Mémoire » ont lancé en 2006. « L’Histoire est rarement celle des minorités et il est très difficile d’inscrire leur mémoire dans cette même Histoire », a relevé Jean-Philippe Restoueix, président du Centre lesbien, gay, bi, trans’et intersexe de Strasbourg. L’association Les Oublié (e) s de la Mémoire a été créée en 2003, notamment pour répondre au vœu de Pierre Sell, homosexuel envoyé au camp de Schirmeck, de voir les victimes homosexuelles représentées au Struthof. C’est chose faite depuis hier lors d’une cérémonie conduite sous le patronage de Hubert Falco, secrétaire d’État à la Défense et aux anciens combattants, et en présence de Rudolf Brazda, dernier survivant connu de la déportation pour homosexualité. En 2001, Lionel Jospin, alors Premier ministre, évoque pour la première fois les victimes homosexuelles lors d’un discours aux Invalides. Sur les 51684 détenus du Struthof, 215 l’étaient pour motif d’homosexualité, et leur nombre est estimé à 10 000 dans tout le territoire du IIIe Reich allemand. En 2008, l’association se voit proposer une démarche sur trois ans afin qu’elle travaille avec les déportés sur l’acceptation de cette reconnaissance. « Il était très important que nous ayons le soutien de la Commission exécutive des déportés », insiste Philippe Couillet, président des Oublié (e) s de la Mémoire. Pour l’association, cette plaque représente moins la création d’un monument national que la réparation d’une injustice. Marie DruartAdoption par des homosexuels: l'interdiction en Floride inconstitutionnelleMonday September 27th, 2010
WASHINGTON — La loi de l'Etat de Floride, au sud-est des Etats-Unis, qui interdit aux homosexuels d'adopter des enfants, est inconstitutionnelle, a estimé une cour d'appel américaine mercredi. La décision de la cour d'appel de Floride confirme celle du tribunal de première instance qui avait donné raison à un homosexuel auquel la garde de deux garçons de quatre ans et quatre mois avait été confié en 2004 par les services de la protection de l'enfance. Lorsque leurs parents légitimes ont été déchus de leurs droits pour négligence deux ans plus tard, l'homme a entamé une procédure d'adoption. Mais les services de la protection de l'enfance de Floride, le dernier Etat américain à interdire complètement l'adoption homosexuelle, s'y sont opposés au motif que la loi l'interdit explicitement. L'homme a alors attaqué en justice pour discrimination. Il a gagné à tout les échelons judiciaires jusqu'ici, dans une affaire qui pourrait remonter jusqu'à la Cour suprême. "A l'exception des homosexuels, il n'existe aucune exclusion automatique de certaines catégories de population" pour l'adoption, explique la cour d'appel après avoir énuméré les personnes séropositives, handicapées ou ayant déjà commis des actes de violence contre des enfants, toutes autorisées au cas par cas à devenir parents adoptifs. La cour rappelle en outre qu'un célibataire est complètement libre d'adopter en Floride et que les services de protection de l'enfance confient aisément la garde d'enfants à des familles d'accueil monoparentales. Les services de protection de l'enfance "affirment qu'il y a une justification rationnelle pour interdire l'adoption aux homosexuels puisque les enfants jouiraient d'un meilleur modèle et seraient moins sujets aux discriminations s'ils étaient placés dans un foyer hétérosexuel, idéalement avec un mari et sa femme", explique la cour. Mais elle conteste cette position, citant les nombreuses études prouvant le contraire, et rappelle que la Floride ne voit aucun inconvénient à placer des enfants dans des familles d'accueil homosexuelles. "Il est difficile de trouver la moindre justification rationnelle à ce que des homosexuels puissent constituer des familles d'accueil temporaires ou permanentes mais que l'adoption leur soit interdite", estime la cour. Le FC Chooz rattrapé par les accusations d'homophobieWednesday September 8th, 2010
S'ils pensaient réussir à se soustraire aux feux de la rampe en prenant cette décision, c'est raté. Ce 27 août, une réunion du comité directoire du FC Chooz (division d'honneur régionale, DHR) composée du président, des dirigeants et des entraineurs de ce petit club de foot, décide de ne pas accorder de licence à un joueur qui en avait fait la demande. Yoann Lemaire, c'est son nom, n'est pas vraiment un inconnu. Il est même un peu la star de ce petit village des Ardennes, tout près de la frontière belge, qui compte à peine 762 habitants. Pris à partie pour son homosexualité sous les yeux d'une caméra de France 3, en mai 2009, il avait ensuite connu son heure de gloire en publiant un livre pour parler de son expérience : Je suis le seul joueur de foot homo, enfin j'étais... (Textes Gais, 2009). Avant de déserter les terrains pour une année sabbatique. Désireux à l'été 2010 de reprendre sa place dans l'équipe, il apprend par un communiqué signé de son président, Frédéric Coquet, son éviction définitive. Quatorze années à transpirer sous le maillot jaune et rouge n'auront donc pas suffi à satisfaire sa demande. Le communiqué précise que "les raisons invoquées s'inscrivent dans un souci de protéger les deux parties. En effet, il nous semble important, compte tenu de la passion encore sensible depuis les événements de mai 2009 et la médiatisation qui en a résulté, d'éviter de nouveaux incidents". En quelques jours, la nouvelle se répand, et l'AFP résume en ouverture de la dépêche consacrée à ce sujet : "Yoann Lemaire, joueur du club de football ardennais de Chooz (DHR) depuis 14 ans, s'est vu refuser sa licence 2010-2011 en raison de son homosexualité". "Avant, nous étions le club modèle luttant contre l'homophobie, maintenant on passe pour l'archétype de l'homophobie", regrette l'adjoint au maire de Chooz, Rémi Vienot, qui rappelle que ce club, qui compte plus de 200 licenciés, avait été le premier club de foot français à signer la Charte contre l'homophobie dans le football, lancée par le Paris Foot Gay, avant même le PSG. Mais les images diffusées par France 3 (dans un reportage réalisé alors que le joueur avait déjà rendu publique son homosexualité) ont mis à mal cette image exemplaire. Ebrahim Hamidi a 18 ans et il va être penduTuesday August 31st, 2010
Après Sakineh Mohammadi Ashtiani, condamnée à la lapidation pour adultère, l'Iran persiste et signe en condamnant à la pendaison un jeune homme soupçonné d'homosexualité. Ebrahim Hamidi a 18 ans et il va mourir. Dans son pays, l'Iran, il a été reconnu coupable d'un crime abominé, de ceux qui condamnent à la pendaison. Ebrahim Hamidi serait homosexuel. Donc il doit mourir. Car, si les juges de Téhéran n'hésitent pas à vouer à la lapidation une femme accusée d'adultère, ils livrent également au bourreau l'homme soupçonné de dormir dans le même lit que son semblable. Cette seule perspective suffirait à nous horrifier, tant elle est contraire à la notion même d'humanité et nous laisse imaginer la terreur dans laquelle vivent les homosexuels iraniens, obligés de se taire, de mentir, de nier leur identité. L'accusation aurait été montée de toutes pièces à la suite d'une rixe banale, les dénonciations faites par des tiers emprisonnés l'auraient été au prix de promesses de remise en liberté, les aveux d'Ebrahim extorqués sous la torture. Au cours de son procès, l'accusé n'a pas eu droit à la moindre représentation légale. Quant au verdict, il a été prononcé par un magistrat qui s'en est remis à son propre jugement, procédure utilisée lorsqu'il n'existe pas de preuve formelle. SUBIR LA TERREUR Au mois de juillet, en un rebondissement spectaculaire, la "victime" présumée d'Ebrahim Hamidi a reconnu avoir porté contre lui de fausses accusations sous la pression de ses parents. On pourrait croire que cette rétractation aurait entraîné l'annulation de la sentence. Pas du tout. Ebrahim Hamidi est toujours coupable, d'un "crime" qu'il n'a pas commis. Est-il homosexuel ou non ? Qu'importe. Il doit mourir. Il le doit, pour que tous les "vrais homosexuels" continuent de se dissimuler et de subir la terreur en silence. Il le doit, pour qu'on comprenne que la justice iranienne ne peut pas se tromper. Et il va mourir, si nous ne nous mobilisons pas. Si nous ne réveillons pas les consciences. Si nous ne crions pas haut et fort et partout que cette condamnation est insupportable et qu'elle doit être cassée. Cet appel est aussi soutenu par Alfredo Arias, Dominique Blanc, Arnaud Cathrine, Clara Dupont-Monod, Arnaud Dreyfus, Isabelle Gallimard, Christophe Girard, Valentine Goby, Vincent Josse, Pascale Kramer, Claude Lanzmann, Camille Laurens, Benoît Legemble, Jonathan Littell, Paul Otchakowsky-Laurens, Atiq Rahimi, Chantal Thomas et Mathieu Vidard.
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